La mise en hivernage d'une résidence secondaire est une étape cruciale pour tout propriétaire souhaitant préserver son patrimoine. Selon une étude de la Fédération Française de l'Assurance, les dégâts des eaux et les sinistres liés au gel représentent une part significative des indemnisations durant la période hivernale. Une préparation rigoureuse permet non seulement d'éviter des réparations coûteuses au printemps, mais aussi d'optimiser la consommation énergétique du logement durant son inoccupation.
La gestion de l'eau et de la tuyauterie
Le gel reste l'ennemi principal des maisons non chauffées. Lorsque l'eau stagne dans les canalisations, sa dilatation sous l'effet du froid peut provoquer l'éclatement des tuyaux. La première mesure de sécurité consiste à couper l'arrivée d'eau générale et à vidanger l'intégralité du circuit.
Il est recommandé d'ouvrir tous les robinets après avoir coupé l'eau afin de vider les tuyauteries, sans oublier de tirer la chasse d'eau. Pour les siphons, l'ajout d'un peu d'antigel alimentaire ou de sel peut empêcher l'eau résiduelle de geler et de briser la céramique.
Isolation et ventilation du bâtiment
Une maison close pendant plusieurs mois accumule naturellement de l'humidité. Ce phénomène favorise le développement de moisissures sur les textiles et dégrade les peintures. Maintenir une circulation d'air minimale est indispensable.
Il convient de vérifier que les grilles d'aération ne sont pas obstruées. Si la région est particulièrement humide, l'installation de déshumidificateurs passifs dans les pièces principales constitue une barrière supplémentaire. Parallèlement, l'isolation doit être vérifiée : fermer les volets permet de créer une couche d'air isolante devant les fenêtres, réduisant ainsi les déperditions thermiques globales.
Sécurisation électrique et domotique
La gestion de l'électricité dépend de la présence ou non d'équipements de surveillance. Si la maison n'est pas équipée d'une alarme, il est préférable de couper le disjoncteur général pour écarter tout risque de court-circuit. En revanche, si vous disposez d'un système de sécurité ou d'un chauffage en mode hors-gel, le courant doit rester actif.
Le mode hors-gel des radiateurs électriques maintient généralement une température constante aux alentours de 7°C. C'est un compromis efficace pour protéger les murs du froid sans engendrer une facture énergétique excessive. Selon les données de l'ADEME, le maintien d'une température minimale évite également que l'humidité ne s'installe durablement dans les matériaux de construction.
Prévenir les intrusions et les risques extérieurs
L'entretien extérieur ne doit pas être négligé avant le départ. Une gouttière bouchée par des feuilles mortes peut causer des infiltrations sous la toiture lors de la fonte des neiges ou de fortes pluies. Il est donc essentiel de nettoyer les descentes d'eaux pluviales.
Enfin, pour limiter les risques de cambriolage, qui augmentent durant les périodes d'absence prolongée, simuler une présence peut s'avérer utile. Des prises programmables pour l'allumage aléatoire d'une lampe ou l'intervention d'un voisin pour ramasser le courrier sont des solutions simples et efficaces.
L'hivernage d'une propriété demande une organisation méthodique qui se divise entre protection technique et sécurisation physique. En suivant ce protocole de vérification, la réouverture de la maison à la belle saison pourra se faire dans les meilleures conditions, sans sinistre à déplorer. Pour aller plus loin, l'installation d'un thermostat connecté permet aujourd'hui de surveiller la température intérieure à distance et d'ajuster le chauffage selon les prévisions météorologiques locales.